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Guillaume

Créateur de pièces uniques et fou de Garonne

Il est Couthurain et fier de l’être. Ses grand-parents se sont rencontrés à l’école du village de Couthures-sur-Garonne, et n’en sont jamais partis. Enfant, Guillaume se rêve pilote d’avion. Adolescent, il est reçu au concours de l’armée de l’air, mais la filière électrotechnique qui lui est proposée ne l’intéresse pas.

Un peu par hasard, il effectue son stage de seconde chez Brouillon Process, concepteur et fabricant de machines pour l’industrie de la conserve, des plats cuisines et de la restauration collective. Sa rencontre avec Ahmed, son maître de stage et futur maître d’apprentissage, va dessiner son avenir. Conquis, il opte pour la filière Baccalauréat Professionnel et réalise son alternance, sous l’égide des Compagnons du Tour de France, toujours chez Brouillon Process.

Dans cette entreprise à taille humaine de Sainte-Bazeille, il découvre la chaudronnerie, l’atelier, les étapes qui transforment des plaques d'inox, mais aussi d'acier et de cuivre, en machines complexes pour l’industrie.

Embauché en 2022 chez Brouillon Process, il obtient en parallèle son BTS Conception et Réalisation en Chaudronnerie Industrielle (CRCI). Grâce à ses nouvelles compétences, il maîtrise alors toutes les phases d’un projet : depuis la conception sur ordinateur des différentes pièces, jusqu’au façonnement de celles-ci, leur assemblage, les finitions, et parfois même l’installation des machines sur site.

Quand on lui demande s’il préfère son poste informatique ou l’atelier, il ne tranche pas : il adore la partie conception, et se régale au contact de la matière et des outils.

Ses maîtres d’apprentissage lui ont transmis plus qu’un savoir-faire : la passion du métier, le goût de l’excellence, et l’envie à son tour, plus tard, un jour, de transmettre à d’autres jeunes ces valeurs. “On peut avoir l’impression que toutes les pièces se ressemblent alors qu’en réalité, chacune est unique, on peut y reconnaitre la patte de chaque chaudronnier, c’est le côté artisanal de notre métier”, souligne-t-il.

En dehors de son travail, Guillaume s’épanouit dans son village de Couthures-sur-Garonne. Ses yeux pétillent quand il parle de son engagement auprès de l’association des sauveteurs, créée après les inondations de 1981, et dont il fait partie depuis ses 16 ans. Lors des annonces de crues, les sauveteurs font le tour des habitations qui risquent d’être touchées, évaluent les besoins, aident à mettre en sécurité les biens. En période de crue, ils se déplacent en barque chez les habitants, leur apportent ce dont ils ont besoin, accompagnant même les infirmières chez ceux qui reçoivent des soins. Et quand l’eau se retire, ils aident au nettoyage. Aucunement affolé ou angoissé par les aléas du fleuve, Guillaume en parle avec le respect et la sagesse des anciens. « Garonne, on vit avec elle, pas contre elle. C’est notre voisine, elle est essentielle. » Et le reste du temps, il la parcours en pilotant les bateaux de Fous de Garonne, ou en se détendant sur ses berges.

➡️ Un évènement attendu ?

« J’aime la régularité des événements qui reviennent chaque année, et l’organisation que cela implique dans le village, à laquelle de nombreux bénévoles participent. »

➡️ Un spot préféré ?

« A Couthures : La cale, dont on part pour des balades en bateau, et l’île*, où on a construit une cabane pour se retrouver entre copains. » (*c’est le nom qui lui est donné mais il s’agit d’une zone de la berge du fleuve. ndlr)

➡️ Une spécialité gastronomique ?

« Franchement, je n’ai pas de plat préféré… J’aime absolument tout manger ! »

➡️ Quelle est votre vision du territoire ?

« Moi j'aime Couthures. Je ne saurai pas vous dire pourquoi. C'est comme respirer.»